Non, le bien-être au travail ne se traduit pas par un baby foot

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Doriane Tessari

Chargée de coaching et de l’animationdigitale chez Danone
 

Happiness officer, fournisseur de bien être, Happiness manager, ces nouveaux mots sont entrés dans le jargon des nouvelles professions tendances. Si la culture du bien-être au travail est autant en vogue, c’est parce qu’elle découle d’un constat alarmant : de plus en plus de collaborateurs sont sujets au burn-out.

Il est néanmoins nécessaire de diluer quelque peu cette effervescence soudaine de “good vibes and feeling good at work”, car beaucoup trop d’entreprises ont tendance à surfer sur la vague de la qualité de vie au travail en ayant pour seul objectif d’attirer des talents. Seulement, sous cette fine couche de belles paroles se cache en réalité une hypocrisie cuisante, qui se traduit par le simple achat de nouveaux ameublements (parce que “le baby-foot et la piscine à boules, tu comprends, c’est trendy ! On adore !”), eh bien non.

Le bien-être au travail se traduit avant tout par une remise en question et une restructuration de fond, en prenant en compte les besoins et les attentes des collaborateurs. Une charge trop importante de travail peut par exemple générer du stress et de la fatigue, qui à leur tour, si elles ne sont pas détectées à temps, peuvent évoluer de manière dangereuse. Le temps passé au travail est également un élément à prendre en compte, car il n’est pas normal qu’en 2019, la fameuse phrase “tu prends ton aprem?” sortie de nulle part lorsqu’un salarié part plus tôt soit encore d’actualité.

La qualité de vie au travail, c’est avant tout les normes que l’on impose aux collaborateurs et qui peuvent influencer sur leur moral, leur épanouissement et leurs performances. Alors oui, au delà de cette remise en question, un environnement aménagé de manière à permettre aux salariés de se sentir comme chez eux est propice au bien-être. Mais ça reste loin d’être suffisant.

Si beaucoup d’entreprises s’intéressent aujourd’hui à la QVT, c’est également parce qu’elles se sont rendues compte que l’épanouissement d’un collaborateur favorise sa performance. En effet, plus on est heureux au travail, plus on est performant. La recherche de sens dans ce que l’on fait est un des premiers facteurs d’épanouissement au travail. Cela passe également par le style de management que l’on impose. Un style de management participatif favorise l’écoute et l’échange d’idées. Il n’en va pas de même pour un style directif et autoritaire qui, pour certains, va mettre en péril leur créativité et effacer petit à petit leur envie de prendre la parole sur des sujets qui leur tiennent à cœur.

Vous l’aurez compris, si le bien-être au travail a de beaux jours devant lui, il nécessite cependant un réaménagement de fond, qui ne passe pas par le marketing attractif. C’est avant tout une manière de voir les choses autrement et sur le long terme.

Si cette restructuration est bien réalisée, il est prouvé que le bien-être au travail réduit les arrêts de travail et booste la productivité